D’après les e-mails dévoilés par la justice américaine, Caroline Lang a sollicité de l’argent de l’homme d’affaires pour le compte de son père dès la fin 2012, année où ils se seraient liés d’amitié. Deux virements de 50 000 euros chacun devaient transiter par le biais de l’Association des cultures du monde, créée par Jack Lang en 1993.
Mis en cause depuis la publication des « Epstein Files » pour leurs liens avec le pédocriminel américain, Jack Lang et sa fille Caroline se défendent d’avoir touché « un centime » de sa part. Le Parquet national financier a tout de même ouvert contre eux, le 6 février, une enquête pour soupçons de « blanchiment de fraude fiscale aggravée » et ordonné des perquisitions en divers lieux, dont l’Institut du monde arabe (IMA), que Jack Lang dirigeait depuis 2013. Au cœur des investigations : la société offshore créée en 2016 par Jeffrey Epstein et Caroline Lang, sur une idée du businessman américain fin 2015, et dont l’existence a été révélée par Mediapart, le 2 février.
Les Lang affirmaient en outre au Monde n’avoir sollicité que « deux coups de main » financiers de leur ami Jeffrey Epstein, afin de réaliser deux films : le premier a fait l’objet d’une demande de l’épouse de Jack Lang, Monique, en septembre 2015 (30 000 euros) ; le second, destiné à produire Jack Lang, la traversée du siècle, d’une demande de ce dernier en septembre 2018 (50 000 euros).
Mais, dans la masse de courriels dévoilés depuis le 30 janvier, un échange fragilise ce récit et laisse penser que Caroline et Jack Lang ont, en réalité, sollicité de l’argent du financier dès 2012, l’année où ils disent être devenus amis. Le 26 novembre 2012, autrement dit plus de trois ans avant la création du fonds offshore, Caroline Lang transmet à Jeffrey Epstein des coordonnées bancaires.