Sénégal
Atlanticactu/ Madiambal Diagne/ Ousmane Sonko/ Serigne Ndong
Le journaliste Madiambal Diagne, actuellement en exil en France, est intervenu ce lundi 19 octobre sur les ondes de RFM Matin pour évoquer la situation politique et judiciaire au Sénégal. Au cours d’un long entretien, il est revenu sur son parcours judiciaire, les interdictions de voyager ainsi que sur la situation d’Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale.
Interdiction de voyager et “mesures conservatoires”
Évoquant son expérience personnelle, Madiambal Diagne affirme avoir fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire sénégalais, “quand il n’avait pas d’interdiction” formelle. Il rapproche cette expérience de la situation actuelle et s’interroge sur le sort d’Ousmane Sonko, ancien Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale. Selon lui, ce dernier serait sous la menace d’une interdiction de sortie du territoire en raison de faits présumés liés à des transactions financières douteuses.
Madiambal Diagne estime que si Ousmane Sonko devait être poursuivi pour des faits présumés de corruption commis lorsqu’il occupait les fonctions de Premier ministre, une telle procédure “relèverait de la Haute Cour de justice”. Il considère toutefois qu’une telle éventualité serait aujourd’hui “impossible avec la configuration de l’Assemblée nationale”, qu’il juge favorable au parti Pastef. Dans l’intervalle, il estime que “les mesures de sauvegarde ou les mesures de précaution ou les mesures conservatoires” pourraient être mises en œuvre.
Le journaliste a également renouvelé ses critiques à l’égard de l’ancien Premier ministre, l’accusant d’avoir adopté des pratiques qu’il reprochait autrefois au régime de Macky Sall. À ce propos, il déclare : “Tout ce que Ousmane Sonko a dénoncé, le karma existe”.
Il a notamment évoqué la question des fonds politiques, rappelant les positions antérieures de Sonko : “Il avait dit que les fonds politiques sont haram et qu’on doit le supprimer, n’est-ce pas ?” Madiambal Diagne affirme ensuite que Sonko “a fini par avouer lui-même qu’il avait des fonds politiques”.
Il a également soulevé des interrogations concernant “une rotation de 5 milliards FCFA par an” ainsi que la gestion de fonds destinés à la Casamance pour les années 2025 et 2006. Selon ses accusations, Ousmane Sonko aurait “été pris la main dans le sac dans ses scandales”.
“Je suis à la disposition de la justice”
Madiambal Diagne assure maintenir l’ensemble de ses révélations et se dit prêt à répondre aux autorités judiciaires. Il affirme être “à la disposition de la justice sénégalaise” afin de fournir, selon ses propres termes, “des téléphones, des preuves”. Le journaliste met ainsi ses détracteurs au défi d’engager des poursuites contre lui : “Qu’est-ce qui est plus simple que ça ? […] Il me dépose une plainte au Sénégal ou en France”.
Enfin, il interprète l’absence de réaction de ses contradicteurs comme un élément venant, selon lui, conforter ses déclarations. Il affirme : “Ce n’est ni Ousmane Sonko que je cite nommément, Ni Waly Diouf Bodiang que je cite nommément […] qui vont oser sortir pour essayer de démentir”.
Pour conclure, Madiambal Diagne estime que si la justice choisit de ne pas engager de poursuites, cette décision ne relèvera plus de sa responsabilité. Il affirme alors que “ce n’est plus (son) affaire” et invite chacun à assumer les conséquences de ses actes : “chacun prenne ses responsabilités”.
