vendredi, 9 octobre 2026 12:15

Crise sociale à Ciments du Sahel : les travailleurs haussent le ton

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Sénégal

Atlanticactu/ Ciments du Sahel/ Gendarmerie de Diass/ Syntis/ Serigne Ndong

La tension demeure particulièrement vive à la cimenterie Ciments du Sahel, implantée à Kirène, à proximité de Diass. Dans la soirée du jeudi 8 octobre 2026, aux alentours de 22 heures, plusieurs employés de l’entreprise ont été interpellés par les éléments de la gendarmerie de Diass, avant d’être remis en liberté quelques instants plus tard.

Ce nouvel épisode intervient dans un climat social particulièrement tendu. La cimenterie avait déjà été le théâtre d’affrontements et d’interpellations lors d’un conflit social survenu en septembre et octobre 2011, au cours duquel plusieurs ouvriers avaient été arrêtés.

Aujourd’hui, les tensions atteignent à nouveau leur paroxysme. Depuis les premières élections syndicales organisées en août 2025, remportées par le Syndicat des travailleurs des industries du Sénégal (SYNTIS), les représentants du personnel multiplient les mises en garde à l’endroit de la direction et ont déposé un préavis de grève. Parmi leurs principales revendications figurent « l’instauration d’un véritable cadre de concertation, la régularisation des travailleurs journaliers, ainsi que l’attribution d’indemnités de logement et de primes de risque ».

Malgré plusieurs séances de conciliation organisées devant l’Inspection régionale du travail et de la sécurité sociale de Thiès, aucun progrès significatif n’a été enregistré. Face à cette impasse, le SYNTIS a décidé de suspendre la production à partir du 7 octobre. Au cœur de ce bras de fer avec la Direction générale se trouvent les revendications des travailleurs, qui réclament une amélioration de leurs conditions professionnelles et avaient déjà déposé un préavis de grève le 7 septembre dernier.

Face à l’absence de réponses jugées satisfaisantes, les délégués du personnel ont adressé un dernier avertissement à la direction : « Nous accordons un ultime délai à la Direction générale pour s’asseoir à la table des négociations avec des propositions concrètes et vérifiables. Si ce délai expire sans avancée majeure, nous déclencherons un arrêt total et illimité de la production sur l’ensemble du site », ont-ils prévenu.

Les représentants des travailleurs tiennent toutefois à souligner la portée de leur combat, qu’ils présentent comme une démarche visant à préserver l’entreprise et à défendre les droits de ses employés. Ils concluent ainsi : « Nous ne nous battons pas contre l’usine, mais pour sa pérennité et pour la dignité de ceux qui la font tourner. Cette usine alimente le marché, mais elle doit aussi nourrir décemment les familles de ses bâtisseurs. »

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