mercredi, 7 octobre 2026 11:39

Philippe Maguilène Senghor : après les dégâts, Mballo Dia Thiam exige une délocalisation du centre et sa transformation en hôpital de niveau 2

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Sénégal

Atlanticactu/ Dr Mballo Dia Thiam/ Hôpital Philippe Maguilène Senghor/ Santé publique/ Serigne Ndong

Après plusieurs épisodes d’inondations ayant occasionné d’importants dégâts matériels, le Dr Honoris Causa Mballo Dia Thiam exhorte les autorités à prendre une décision définitive afin de mettre un terme à la vulnérabilité du Centre de santé Philippe Maguilène Senghor. Il préconise notamment la délocalisation de l’établissement vers un site plus sécurisé, avec pour perspective, à terme, sa transformation en hôpital de niveau 2.

Le Centre de santé Philippe Maguilène Senghor est-il devenu une véritable bombe à retardement sur le plan sanitaire ? C’est la préoccupation exprimée par le Dr Honoris Causa Mballo Dia Thiam, qui interpelle directement le président de la République sur la situation de cette structure de santé, régulièrement confrontée aux inondations.

Dans une contribution, le secrétaire général national du SUTSAS alerte sur la répétition des épisodes d’inondation qui affectent l’établissement. À ses yeux, la succession de ces sinistres ne peut plus être traitée à travers de simples opérations de pompage ou de réhabilitation ponctuelle.

« Peut-on raisonnablement attendre une nouvelle catastrophe avant de prendre des mesures définitives pour mettre fin au calvaire des populations, des travailleurs et des usagers ? », s’interroge-t-il.

Un établissement particulièrement exposé aux inondations

Baptisé du nom de Philippe Maguilène Senghor, fils du premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, décédé tragiquement dans un accident de la circulation à proximité du lieu qui lui est consacré, le centre présente aujourd’hui une importante vulnérabilité structurelle.

Implanté à la convergence de plusieurs eaux de ruissellement et situé dans une zone assimilée à une cuvette, voire à un véritable bas-fond, l’établissement demeure fortement exposé aux conséquences des pluies diluviennes.

Les dégâts enregistrés sont considérables : détérioration du matériel, dégradation des équipements et destruction d’archives médicales, techniques et comptables. Pour le responsable syndical, ces dommages finissent par perturber le fonctionnement des services et avoir des répercussions sur la qualité de la prise en charge des patients.

Le Dr Mballo Dia Thiam rappelle également que le SUTSAS avait déjà tiré la sonnette d’alarme auprès des pouvoirs publics à la suite d’un précédent épisode d’inondation particulièrement destructeur. Le syndicat avait alors préconisé la délocalisation de la structure.

La sécurité des patients au cœur des inquiétudes

Au-delà des dommages matériels, l’ancien responsable syndical estime que le risque le plus préoccupant concerne désormais la sécurité sanitaire des patients et du personnel.

« Comment garantir l’hygiène, la stérilité des équipements médicaux et le respect des normes de sécurité dans un environnement régulièrement envahi par les eaux ? », questionne-t-il.

Cette inquiétude est renforcée par le fait que les eaux susceptibles d’envahir le centre peuvent être mélangées à des eaux fortement polluées, faisant ainsi peser un risque supplémentaire sur les conditions d’hygiène et de sécurité.

Les conséquences pourraient également toucher directement les personnes prises en charge au sein de l’établissement, notamment les patients hospitalisés, les femmes en couches et les nouveau-nés. En cas de nouvelle inondation, ces derniers pourraient être contraints d’être évacués vers d’autres structures sanitaires.

La situation de la morgue constitue également un sujet de préoccupation. Les installations électriques exposées aux inondations, combinées aux difficultés pouvant affecter le fonctionnement du groupe électrogène, suscitent des interrogations sur les conditions de conservation des corps.

Pour le Dr Mballo Dia Thiam, l’urgence est désormais clairement posée : « Jusqu’à quand faudra-t-il attendre pour prendre une décision à la hauteur des risques encourus ? »

La délocalisation présentée comme une solution durable

Face à cette situation récurrente, le responsable syndical considère désormais la délocalisation du Centre de santé Philippe Maguilène Senghor comme une nécessité.

Parmi les sites susceptibles d’être étudiés, il cite notamment l’ancien hangar des pèlerins de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor de Yoff. Ce site pourrait, selon lui, constituer une piste pour accueillir la structure, sous réserve, bien entendu, de la réalisation d’études de faisabilité, de la disponibilité du foncier et du respect des normes techniques et sanitaires.

Mais le projet pourrait également permettre d’aller au-delà d’un simple transfert géographique.

Au regard de la capacité actuelle du centre, de son organisation en pavillons et de l’importance des prestations qu’il offre à la population, le Dr Mballo Dia Thiam suggère de profiter de cette éventuelle délocalisation pour revoir le statut et l’organisation de l’établissement. Son ambition serait d’en faire un hôpital de niveau 2.

Une telle évolution permettrait, selon lui, d’élargir l’offre de soins, d’améliorer les conditions de travail du personnel, de renforcer la sécurité des patients et de participer à une meilleure répartition des infrastructures sanitaires.

« Il faut prévenir plutôt que réparer »

Pour le secrétaire général national du SUTSAS, la situation climatique actuelle impose une nouvelle approche dans la gestion des infrastructures sanitaires exposées aux risques d’inondation.

L’intensification des épisodes pluvio-orageux et la récurrence des inondations devraient, selon lui, conduire les pouvoirs publics à privilégier l’anticipation plutôt que de multiplier les interventions d’urgence après chaque hivernage.

Il invite ainsi les plus hautes autorités à envisager la fermeture préventive du site actuel, tout en mettant en place un dispositif garantissant la continuité des soins. Cette mesure devrait être suivie de l’engagement d’un processus de délocalisation vers un site mieux adapté et durablement sécurisé.

« Il ne s’agit plus simplement de réparer les dégâts après chaque hivernage, mais de mettre définitivement fin à un cycle de vulnérabilité et de souffrance », soutient-il.

À travers cette sortie, le Dr Mballo Dia Thiam affirme vouloir lancer une « alerte citoyenne » et soumettre une proposition constructive en faveur d’un système de santé « cohérent, performant, résilient, motivant et mobilisateur », en cohérence avec les ambitions du référentiel Sénégal Horizon 2050.

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