Sénégal
Atlanticactu/ Examen Projet de Loi/ Assemblée nationale/ Carte d’identité biométrique/ Serigne Ndong
Au-delà des considérations administratives et techniques, l’examen du projet de loi n°21/2026 portant modification de la loi relative à la carte d’identité biométrique CEDEAO a fait émerger d’importants enjeux politiques, ce mardi, lors de la séance plénière à l’Assemblée nationale. Les débats ont notamment porté sur le statut électoral des primo-votants ainsi que sur les conséquences de la prorogation de la validité des cartes d’identité sur le calendrier des prochaines élections territoriales.
L’une des principales préoccupations soulevées concerne les jeunes citoyens qui atteignent l’âge légal pour voter. Ceux-ci peuvent être titulaires d’une carte biométrique CEDEAO encore valide, tout en portant la mention « NE PEUT PAS VOTER », faute d’inscription préalable sur les listes électorales.
Face à cette situation, les commissaires ont appelé à une actualisation diligente des données électorales afin de garantir l’exercice effectif du droit de vote. Ils ont également demandé au ministre de l’Intérieur de préciser si la prorogation de la durée de validité de la carte d’identité entraîne automatiquement celle de sa fonction de carte d’électeur.
Cap sur les élections territoriales de 2027 et révision des listes électorales
Le calendrier électoral a également occupé une place centrale dans les échanges. Les parlementaires se sont notamment appuyés sur les crédits prévus dans la loi de finances 2026, à savoir 1,016 milliard de FCFA pour l’organisation matérielle des scrutins, 472 millions de FCFA destinés au fonctionnement de la Direction générale des Élections (DGE) et 2,219 milliards de FCFA consacrés à la deuxième phase de confection des cartes biométriques.
En réponse aux différentes interrogations, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, s’est voulu rassurant. Il a expliqué que la prorogation technique de la validité des pièces d’identité et l’organisation des élections territoriales relèvent de deux processus distincts.
Ainsi, dans l’hypothèse où les élections seraient convoquées en janvier 2027, les cartes biométriques actuellement en circulation permettront aux citoyens d’exercer leur droit de vote sans difficulté particulière.
Concernant une éventuelle révision exceptionnelle des listes électorales, le ministre a rappelé les dispositions prévues par la loi. La révision ordinaire intervient chaque année entre février et juillet, tandis qu’une révision exceptionnelle ne peut être officiellement engagée qu’après la fixation de la date du scrutin par décret présidentiel.
