Malgré des discussions en cours sur le Sahara Occidental entre les deux principaux camps, les États-Unis de Donald Trump ne veulent pas mettre la charrue avant les bœufs. En effet, l’envoyé spécial du président américain, Massad Boulos, a tenu à remettre les pendules à l’heure et à rappeler l’état réel de la situation.
Une discussion en cours, mais pas encore de solution définitive
Dans une interview accordée à la chaîne française France 24, le négociateur en chef a fait le point sur la situation. « Nous avons tenu jusqu’à présent trois rounds avec la présence des ministres des Affaires étrangères du Maroc, de l’Algérie et de la Mauritanie, ainsi qu’avec la participation de membres de la direction du Front Polisario, mais nous n’avons pas atteint le stade de la solution mutuellement acceptée par les parties. Nous attendons toujours de recevoir les réponses du Front Polisario au plan marocain d’autonomie (…) pour pouvoir avancer », a-t-il souligné sur France 24.
Alliés du Maroc, les États-Unis ne veulent pas pour autant se fâcher avec l’ennemi marocain de la région, l’Algérie, présentant littéralement le pays de Tebboune comme un allié dans ces discussions. Pour rappel, l’Algérie soutient le Front Polisario depuis belle lurette et refuse ce qu’elle considère comme l’hégémonie du Maroc dans la région.
Les États-Unis saluent la coopération avec Alger
Pour M. Boulos, « l’Algérie apporte son aide et sincèrement nous apprécions le rôle que le président et le gouvernement algériens jouent », a-t-il déclaré sur France 24. Une déclaration qui ne devrait pas plaire au Maroc, qui accuse régulièrement l’Algérie de soutenir le mouvement armé. Pour rappel, l’Algérie et le Maroc s’accusent mutuellement de tentatives de déstabilisation, en plus des dossiers de friction, notamment l’alignement sur les positions israéliennes. Le Sahara occidental demeure le principal point de friction, Rabat défendant sa souveraineté et son projet d’autonomie tandis qu’Alger soutient le Front Polisario et le principe d’autodétermination.
En plus de ces différents points s’ajoutent la fermeture de leur frontière terrestre depuis 1994, la rupture des relations diplomatiques en 2021, le rapprochement militaire et diplomatique du Maroc avec Israël, et pour finir une compétition pour l’influence au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Les deux voisins veulent également lancer des projets énergétiques concurrents reliant le géant gazier de l’Afrique de l’Ouest, le Nigeria à l’Europe.