jeudi, 24 septembre 2026 12:22

Affaire Cheikh Touré : les aveux qui font tomber le voile sur un réseau de faux recruteurs

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Ghana

Atlanticactu/ Salifu Walid/ Aziz Wadrago/ Cheikh Touré/ Serigne Ndong

Les suspects Salifu Walid et Aziz Wadrago Mane seraient passés aux aveux lors de leurs interrogatoires par les autorités ghanéennes, reconnaissant leur implication directe dans le piège tendu au jeune gardien de but sénégalais Cheikh Touré, dont le corps sans vie avait été retrouvé le 16 octobre 2025 à l’hôpital de Manhyia.

Arrêtés le 20 septembre 2026 à Banpanase par l’unité AaruRu/CID, les deux hommes ont livré des détails sur le mode opératoire de leur groupe, composé de quatre individus. Le gang se faisait passer, notamment sur Internet, pour des recruteurs de football afin d’attirer de jeunes joueurs à la recherche d’opportunités. Selon leurs déclarations, ils avaient fait croire à Cheikh Touré qu’il devait transiter par le Ghana avant de rejoindre une académie de football au Maroc, avant de le séquestrer, rapporte « Libération ».

Au cours de leurs auditions, le Nigérian de 32 ans et le Burkinabé de 24 ans ont également cité le présumé cerveau de ce réseau transfrontalier, Noukoubri Arzouma Sylviain, alias « Prince Pierre », ainsi qu’un autre complice identifié sous le nom de Barry. Tous deux sont actuellement recherchés par les autorités.

Les éléments recueillis dans le cadre de l’enquête, menée en collaboration avec la Division des investigations criminelles (DIC) du Sénégal et Interpol, mettent en évidence l’existence d’un réseau organisé qui aurait recours aux menaces et à la pression psychologique pour parvenir à ses fins. Ses membres se seraient notamment présentés comme des recruteurs agissant pour le compte de l’organisation Qnet.

Dans le cas de Cheikh Touré, les ravisseurs auraient envoyé à ses proches une photographie le montrant inerte sur un lit. La forte médiatisation de l’affaire aurait ensuite provoqué la panique au sein du groupe. Craignant d’être identifiés, les criminels auraient alors conduit deux autres jeunes Sénégalais, surnommés « Momo » et « Bamba », jusqu’en Côte d’Ivoire, avant de les abandonner avec une somme d’argent relativement modeste. Ils auraient ensuite pris la direction de Bamako avec l’aide d’une ressortissante sénégalaise.

Placés en détention dans l’attente de leur présentation à la justice ghanéenne, Salifu Walid et Aziz Wadrago Mane font désormais l’objet de poursuites judiciaires. Les investigations se poursuivent parallèlement afin de localiser et d’interpeller les autres membres du réseau encore en fuite. Les enquêteurs comptent notamment exploiter les éléments techniques ainsi que les téléphones portables récupérés dans le cadre de l’enquête.

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