Guinée Conakry
Atlanticactu/ Cellou Dalein Diallo/ Passeport/ Serigne Ndong
Le passeport de Cellou Dalein Diallo, l’un des principaux opposants guinéens vivant en exil, a été révoqué par les autorités de Guinée, l’empêchant ainsi de se rendre lundi à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies, a-t-il déclaré à l’AFP.
Figure historique de l’opposition dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, M. Diallo vit en exil depuis 2022.
Son parti, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), a été dissous en mars, comme plusieurs autres formations majeures de l’opposition, quelques mois après l’arrivée au pouvoir du président Mamadi Doumbouya, qui dirige le pays d’une main de fer depuis 2021.
D’après un communiqué publié lundi soir par l’UFDG, M. Diallo avait effectué toutes les formalités requises et obtenu sa carte d’embarquement pour un vol d’Ethiopian Airlines à destination de New York.
Toutefois, après avoir transmis une copie de son passeport ainsi que de son visa aux autorités américaines, la compagnie aérienne l’a informé qu’elle avait été avisée de la “révocation par les autorités émettrices” de son passeport, selon le communiqué du parti.
Interrogé par l’AFP, M. Diallo a confirmé l’information mardi matin, précisant qu’il devait “partir d’Abidjan pour New York où (il) devait participer à plusieurs réunions organisées en marge de l’Assemblée générale des Nations unies”.
“Il y a deux mois que la police des frontières d’un Etat ouest-africain m’a informé catégoriquement que mon passeport guinéen, qui n’expire qu’en 2031, était révoqué”, a précisé M. Diallo.
Faute d’avoir obtenu une confirmation officielle des autorités guinéennes, “je me suis alors résolu d’utiliser mon passeport guinéen qui portait le visa d’entrée aux USA”, a-t-il ajouté.
Dans son communiqué, l’UFDG “exprime sa vive indignation et condamne avec la dernière énergie cette violation des droits élémentaires de son président”, dénonçant une série de mesures qu’elle attribue aux autorités guinéennes.
Sollicitées par l’AFP, les autorités guinéennes n’avaient pas encore réagi mardi matin.
Arrivé au pouvoir en 2021 après avoir renversé Alpha Condé, premier président guinéen élu librement, Mamadi Doumbouya a renforcé son emprise sur le pays en organisant, en décembre 2025, une élection présidentielle à laquelle aucun opposant de premier plan n’a participé.
Écarté du fichier électoral, M. Diallo n’avait pas pu prendre part à cette présidentielle.
Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Doumbouya, les principaux partis politiques ont été dissous, les manifestations interdites sont réprimées et de nombreuses voix dissidentes ont été arrêtées, condamnées, contraintes à l’exil ou portées disparues.
Au cours des dernières années, l’accès à internet et aux réseaux sociaux a également fait l’objet de plusieurs restrictions.
