Etats-Unis
Atlanticactu/ Bassirou Diomaye Faye/ Washington/ Finances publiques/ Serigne Ndong
En moins de quarante-huit heures, le Président de la République Bassirou Diomaye Faye a multiplié les rencontres à Washington, du 13 au 15 septembre, avec les grandes institutions financières internationales et des représentants du secteur privé américain. Point d’orgue de ce déplacement : son entretien avec la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, ce mardi 15 septembre, au siège de l’institution.
Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement de l’accord technique conclu le 1er septembre entre Dakar et les services du FMI, portant sur un nouveau programme de trois ans adossé à la Facilité élargie de crédit, d’un montant de 2,2 milliards de dollars. Cet accord fait suite à plusieurs mois de tensions budgétaires, après que le nouveau pouvoir a révélé, dès son arrivée aux responsabilités, l’ampleur réelle de l’endettement du pays, largement supérieur aux seuils de référence des institutions financières internationales.
Selon la Présidence, ce choix de transparence a eu un coût immédiat, mais a permis d’engager sans délai des mesures de redressement : mobilisation des recettes, rationalisation des dépenses, élargissement de l’assiette fiscale et renforcement de la gouvernance, tout en évitant au pays un défaut de paiement.
L’accord technique doit désormais être approuvé par le Conseil d’administration du FMI. Selon la présidence, les deux parties « se sont félicitées du travail accompli » et partagent la volonté d’aller rapidement vers cette approbation, afin de desserrer les contraintes de liquidité pesant sur le pays.
Le volet social du programme mis en avant
Le chef de l’État a insisté sur le fait que le redressement budgétaire ne se ferait pas au détriment des populations les plus vulnérables. Plusieurs mesures sociales sont mises en avant par la présidence : le doublement des bourses de sécurité familiale, le maintien des bourses étudiantes, la consolidation de la couverture maladie universelle, ainsi que le paiement des arriérés dus aux entreprises privées.
La réforme des subventions à l’énergie, elle, sera progressive et davantage ciblée. La présidence souligne qu’aujourd’hui, près des deux tiers de cette subvention profitent aux 20 % des ménages les plus aisés, un déséquilibre que le gouvernement entend corriger.
Le secteur privé américain courtise Dakar
La veille de son entretien avec le FMI, le 14 septembre, le Président Faye avait consacré sa matinée à trois audiences avec des représentants du monde des affaires américain : l’entreprise Cybastion, la Chambre de commerce des États-Unis et le Corporate Council on Africa. Selon la présidence, ces rencontres avaient été sollicitées par les organisations américaines elles-mêmes.
Devant ces interlocuteurs, le chef de l’État a défendu une ligne de « souveraineté » économique, résumée par une formule adressée à la délégation de Cybastion : on ne peut pas être assis sur une mine d’or et tendre la main. Le Sénégal, a-t-il fait valoir, entend nouer des partenariats « gagnant-gagnant », où l’investisseur trouve sa rentabilité tout en laissant au pays la maîtrise de son développement.
Sur le plan concret, une entreprise américaine s’est engagée à hauteur d’environ 300 millions de dollars dans le secteur du numérique, tandis que la Chambre de commerce des États-Unis et le Corporate Council on Africa ont réaffirmé leur intérêt pour le marché sénégalais.
La Banque mondiale confirme son soutien
Le 14 septembre également, le Président Faye s’est entretenu avec le président du Groupe de la Banque mondiale. L’institution a confirmé son soutien au financement des politiques publiques sénégalaises pour les années à venir. Les échanges ont porté en particulier sur la création d’emplois pour les jeunes, présentée par la présidence comme le principal atout démographique du pays, ainsi que sur le développement des corridors économiques et une meilleure répartition territoriale de la croissance.
Chronologie de la mission
– 6 août 2026 : Signature à Dakar de trois accords avec le Groupe de la Banque mondiale.
– 19 août au 1er septembre 2026 : Mission des services du FMI à Dakar.
– 1er septembre 2026 : Accord technique entre le gouvernement sénégalais et le FMI.
– 13 septembre 2026 : Départ du Président pour Washington.
– 14 septembre 2026 : Audiences avec Cybastion, la Chambre de commerce des États-Unis, le Corporate Council on Africa, puis entretien avec la Banque mondiale.
– 15 septembre 2026 : Entretien avec la directrice générale du FMI ; départ pour Abu Dhabi.
– 17 septembre 2026 (à venir) : Entretien avec le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohammed Bin Zayed Al Nahyan, avant un retour à Dakar le jour même.
Cap sur Abu Dhabi
La mission présidentielle ne s’arrête pas à Washington. Arrivé à Abu Dhabi le 16 septembre, Bassirou Diomaye Faye doit y être reçu le lendemain par le président émirien. Alors que l’étape américaine était centrée sur la confiance financière et le partenariat avec les institutions et le secteur privé, le passage par les Émirats arabes unis s’inscrit, selon la présidence, davantage dans le registre de l’investissement productif, avec un partenaire compté parmi les premiers pôles mondiaux de financement.
