mercredi, 9 septembre 2026 12:21

Marché des bracelets électroniques : un nouveau fournisseur placé sous mandat de dépôt

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Sénégal

Atlanticactu/ Bracelet électronique/ Détournement de fonds/ Serigne Ndong

Le dossier relatif au marché de 11 milliards de FCFA destiné à la fourniture de bracelets électroniques à l’Administration pénitentiaire connaît un nouveau développement. Moussa Seydi, ancien directeur des Finances, du Budget, du Matériel et des Infrastructures pénitentiaires, a récemment été extrait de sa cellule pour être entendu par le Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. Parallèlement, un fournisseur impliqué dans l’exécution du marché a été placé sous mandat de dépôt pour complicité de détournement de deniers publics.

L’instruction se poursuit

Ouverte à la suite des investigations menées par la Division des investigations criminelles (DIC), la procédure judiciaire suit son cours. Les enquêteurs s’intéressent notamment aux conditions dans lesquelles ont été exécutés deux contrats conclus entre le ministère de la Justice et la société Le Colombe Cyber Defense Operations Center, dirigée par l’homme d’affaires El Hadji Gora Diop Guèye.

Moussa Seydi maintient ses dénégations

Détenu préventivement depuis plusieurs mois, Moussa Seydi a été extrait de sa cellule avant-hier afin d’être entendu par le magistrat instructeur. Au cours de cette audition, l’ancien responsable de l’Administration pénitentiaire a maintenu la version présentée lors de l’enquête préliminaire.

Il continue de nier les faits qui lui sont reprochés et rejette toute implication dans les irrégularités présumées liées à l’exécution du marché.

Devant le juge, Moussa Seydi aurait notamment soutenu que les fonds mis à sa disposition pour la formation, la maintenance ainsi que les autres opérations liées au marché avaient été utilisés conformément aux procédures. Cette ligne de défense n’a toutefois pas modifié son statut judiciaire. À l’issue de son audition, il a été reconduit en détention, dans l’attente de la poursuite de l’instruction.

Un fournisseur placé sous mandat de dépôt

L’affaire compte désormais un nouveau mis en cause. Convoqué dans le cadre des investigations, l’un des fournisseurs intervenant dans le marché a été placé sous mandat de dépôt.

Il est poursuivi pour complicité de détournement de deniers publics. Cette nouvelle mesure judiciaire élargit le champ des investigations et pourrait amener les enquêteurs ainsi que les magistrats instructeurs à approfondir le rôle joué par chacun des intervenants dans l’exécution des contrats.

Cinq chefs de prévention retenus contre Moussa Seydi

Dans son réquisitoire introductif en date du 3 avril 2026, le Procureur financier vise Moussa Seydi pour cinq chefs de prévention : détournement de deniers publics, escroquerie sur deniers publics, faux en écriture publique authentique, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux.

Le montant du détournement présumé est évalué à 5 011 088 987 FCFA. L’escroquerie sur deniers publics porterait, selon le Parquet, sur 3 120 637 720 FCFA.

Concernant le détournement, le Parquet reproche notamment à l’ancien responsable pénitentiaire le versement d’une avance de démarrage de 1 377 900 000 FCFA. Les réquisitions évoquent également un différentiel de 3 633 188 987 FCFA dont l’utilisation serait insuffisamment justifiée.

La défense conteste l’ensemble de ces accusations. Après examen des différentes pièces du dossier, notamment les bons d’engagement, les factures, les bons de livraison et les contrats de marché, les avocats de Moussa Seydi estiment que les charges retenues contre leur client ne sont pas suffisamment établies.

Selon eux, l’avance de démarrage de 1 377 900 000 FCFA était expressément prévue dans le contrat et avait été autorisée par l’autorité compétente.

Concernant le différentiel de 3 633 188 987 FCFA, Moussa Seydi avait expliqué, lors de son audition devant la DIC, que cette somme correspondait notamment à l’avance de démarrage, aux frais de formation, aux prestations de maintenance et de support, ainsi qu’au reliquat destiné à ces différentes prestations.

Deux contrats pour 2 000 bracelets électroniques

Au centre de l’affaire figurent deux contrats conclus entre le ministère de la Justice et la société Le Colombe Cyber Defense Operations Center, dirigée par El Hadji Gora Diop Guèye.

Le premier contrat, signé le 22 octobre 2020, porte sur la fourniture de 1 000 bracelets électroniques pour un montant de 6 889 550 381 FCFA.

Le second, conclu le 6 juillet 2023, concerne également 1 000 dispositifs, pour un montant de 5 340 000 000 FCFA.

Au total, les deux marchés représentent donc un engagement financier de plus de 12,2 milliards de FCFA, même si le dossier est généralement désigné comme celui du « marché de 11 milliards ».

Des équipements non réceptionnés et des problèmes techniques

Les investigations ont également soulevé des interrogations sur l’exécution concrète des contrats. D’après les éléments recueillis dans le cadre de l’enquête, l’ensemble des bracelets prévus n’aurait pas été effectivement réceptionné par la Direction de l’administration pénitentiaire.

À cette question s’ajoutent des difficultés liées à la qualité et au fonctionnement des équipements. Parmi les dispositifs livrés, 214 bracelets auraient ainsi présenté des défaillances techniques, suscitant des interrogations supplémentaires sur leur conformité et leur qualité.

Avec la nouvelle audition de Moussa Seydi et le placement sous mandat de dépôt d’un fournisseur, l’instruction entre dans une nouvelle phase. Il revient désormais aux magistrats du Pool judiciaire financier de déterminer les responsabilités éventuelles des différents protagonistes et de faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles les fonds publics engagés dans ces marchés ont été utilisés.

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