vendredi, 24 juillet 2026 13:58

Viol présumé d’une receveuse à Malibu Plage : le parquet demande 10 ans de réclusion contre le chauffeur de Tata

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Sénégal

Atlanticactu/ Transport urbain/ Viol/ Serigne Ndong

L’affaire avait secoué le secteur du transport dans la banlieue dakaroise en 2023. Le procès d’A. Diouf (44 ans), un transporteur domicilié à Yeumbeul, s’est tenu ce jeudi 23 juillet 2026 devant la Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye. Placé sous mandat de dépôt le 4 août 2023, il est accusé de viol par son ancienne receveuse de bus, M. Barry, qui est majeure. Même si l’accusé a contesté les faits, le procureur de la République a requis une peine de 10 ans de réclusion criminelle, tandis que la défense a plaidé l’acquittement pur et simple.

Des versions contradictoires…

​Lors des débats d’audience, l’accusé a maintenu sa ligne de défense en niant le viol. Comme lors de l’instruction, il a tenté de convaincre le tribunal de l’existence d’une liaison amoureuse secrète avec la plaignante.

​Une version fermement rejetée par la victime. À la barre, M. Barry, qui s’était pourtant désistée de son action civile, a maintenu ses accusations, réfutant catégoriquement toute relation amoureuse avec son employeur. Selon le récit de la victime, les faits remontent à août 2023. La plaignante exerçait alors la profession de receveuse de bus « Tata » pour le compte de l’inculpé. Cependant, à la suite d’un incident de circulation impliquant un autre chauffeur, elle s’était vu notifier une suspension de travail injustifiée par son employeur.

​Toujours selon sa version, le chef de garage avait alors tenté une médiation, l’invitant à contacter A. Diouf pour régler le différend. Ce dernier lui a donné rendez-vous avant de la conduire, à bord de sa moto, dans une auberge située à Malibu Plage. C’est à cet endroit, dans l’intimité d’une chambre louée pour deux heures, que le piège se serait refermé. Face aux refus de la receveuse, le transporteur l’a allongée de force sur le lit, la menaçant de mort et de sévices physiques avec une canette de boisson, avant de la pénétrer sexuellement malgré ses cris et ses larmes.

Le témoignage clé du gérant de l’auberge

​Entendu à titre de témoin, le gérant de l’auberge a déclaré avoir entendu des cris en provenance de la chambre. Il a également affirmé avoir vu la victime descendre les escaliers en pleurs, lui confiant avoir été violée.

​Interpellé sur le moment par le gérant, le transporteur a d’ailleurs reconnu les faits dans un premier temps, prétextant que sa compagne était consentante, avant de lui remettre 5 000 FCFA pour ses frais de transport. De son côté, l’expertise médicale réalisée par l’hôpital Roi Baudouin a mis en évidence une déchirure hyménale ancienne.

​A. Diouf a fermement contesté les accusations de viol. S’il reconnaît s’être rendu dans l’auberge avec son employée, il a soutenu qu’ils entretenaient une relation amoureuse secrète. Il a évoqué une fellation consentie, mais affirme que la demoiselle a refusé le rapport sexuel pénien.

​N’ayant pas de conseil pour défendre ses intérêts, la plaignante n’a pas réclamé de dommages et intérêts. En revanche, elle a affirmé avoir reçu la somme de 150 000 FCFA de la part de la famille de l’accusé.

​Dans ses observations, le procureur de la République ne s’est pas laissé convaincre par la thèse de la relation amoureuse. Estimant que la matérialité du viol est bel et bien caractérisée dans cette affaire, notamment au vu des menaces et du contexte de subordination professionnelle, le maître des poursuites a requis une lourde peine de 10 ans de réclusion criminelle contre le transporteur.

​La défense, assurée par un collectif d’avocats composé de Mes Abdoulaye Tall, Mame Coumba Kane, Khady Sèye et Pape Mor Niang, a quant à elle pris le contre-pied du parquet. Dénonçant l’absence de preuves matérielles irréfutables et s’appuyant sur les dénégations de leur client, les conseils d’A. Diouf ont plaidé l’acquittement pur et simple.

​Les avocats restent persuadés que leur client était en couple avec la dame. Pour Me Tall, la plaignante cherchait simplement à « battre monnaie ». Il a révélé qu’au début de l’histoire, celle-ci avait réclamé la somme de 500 000 FCFA, pour finalement recevoir 150 000 FCFA.

​L’affaire a été mise en délibéré au 4 août 2026.

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