jeudi, 16 juillet 2026 14:42

Kounoune sous les eaux : les habitants dénoncent l’inaction des autorités

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Sénégal

Atlanticactu/ Kounoune/ Inondations/ Hivernage/ Serigne Ndong

Il n’aura fallu qu’une seule forte pluie pour replonger les habitants de Kounoune dans les difficultés. À peine vingt-quatre heures après les premières précipitations importantes tombées hier, la route reliant la Marine Française à Kounoune est devenue quasiment impraticable. Cet axe stratégique, emprunté chaque jour par des milliers d’usagers, est désormais envahi par des eaux stagnantes et une épaisse couche de boue, compliquant fortement la circulation des véhicules comme celle des piétons, avec des risques accrus d’accidents.

Comme à chaque début d’hivernage, cette situation récurrente ravive le sentiment d’abandon chez les habitants, qui dénoncent le manque de réaction des autorités malgré les nombreuses promesses faites au fil des années.

La colère et le découragement sont palpables au sein de la population. Lassés de solliciter les pouvoirs publics sans résultat tangible, les riverains expriment leur exaspération. Moussa, chauffeur de taxi clandestin (clando) sur l’axe Kounoune, témoigne : « C’est reparti pour un calvaire de plusieurs mois ! Dès que le ciel se gâte, nous avons la peur au ventre. Cette route de la Marine Française est notre seul gagne-pain, mais regardez son état aujourd’hui. On abîme nos véhicules, on perd des clients et on risque l’accident à chaque mètre. L’année dernière, on nous avait juré que des travaux de canalisation définitifs allaient être menés avant l’hivernage. Aujourd’hui, nous constatons que rien n’a bougé. Nous sommes fatigués de ces fausses promesses. »

Même indignation chez Mariama, résidente du quartier depuis huit ans : « Nous nous sentons complètement oubliés par l’État. À chaque campagne électorale, les politiciens défilent ici pour nous promettre des routes goudronnées et des systèmes d’évacuation des eaux. Mais une fois installés dans leurs bureaux, nous n’existons plus. Hier, pour la première pluie, j’ai dû porter des bottes et porter mes enfants sur le dos pour traverser la chaussée. C’est indigne de vivre ainsi aux portes de Dakar en 2026. Sommes-nous des citoyens de seconde zone ? »

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