vendredi, 3 juillet 2026 14:24

Intervention de la Gendarmerie à l’Assemblée : l’opposition exige que toute la lumière soit faite

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Sénégal

Atlanticactu Opposition du Sénégal/ Takku Wallu Sénégal/ Serigne Ndong

Les députés de l’opposition, réunis au sein du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal ainsi que les non-inscrits, ont vivement réagi, ce jeudi 2 juillet, aux incidents enregistrés lors de la séance plénière du 29 juin portant sur l’examen du projet de révision de la Constitution.

Lors d’un point de presse, ils ont annoncé le lancement d’une campagne de sensibilisation à l’échelle nationale et internationale afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme des « dérives » dans le fonctionnement de l’Assemblée nationale.

Selon ces parlementaires, les faits survenus le 29 juin marquent « un seuil supplémentaire » dans la détérioration du climat au sein de l’institution parlementaire. Ils soutiennent que plusieurs députés de l’opposition ont été empêchés d’exercer pleinement leur mandat et qu’ils ont subi des actes d’intimidation, de brutalité et de violence jusque dans l’hémicycle.

Les élus dénoncent en particulier l’intervention de la Gendarmerie nationale dans l’hémicycle. Ils estiment qu’aucune disposition du règlement intérieur de l’Assemblée nationale n’autorise le président de l’institution à faire appel à la force publique pour interrompre l’intervention d’un député ou le faire évacuer de la salle.

À leurs yeux, cette intervention porte atteinte à la liberté d’expression des parlementaires, à la dignité de la représentation nationale ainsi qu’au suffrage universel.

Les députés réclament également que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette opération. Ils exigent des explications sur les conditions dans lesquelles la Gendarmerie est intervenue et souhaitent connaître l’autorité ayant ordonné cette réquisition, ainsi que le fondement juridique de cette décision.

En plus de cette dénonciation, l’opposition prévoit une série d’actions. Une délégation rencontrera notamment les missions diplomatiques accréditées au Sénégal, les chefs religieux, les autorités coutumières, les organisations de la société civile, les syndicats, les universitaires ainsi que les organisations de jeunesse et de femmes pour leur faire part de ses préoccupations concernant l’évolution de la situation institutionnelle.

Les députés comptent également saisir plusieurs organisations internationales et régionales, dont l’Union interparlementaire, l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, le Parlement de la CEDEAO, la Commission de la CEDEAO, la Commission de l’UEMOA et la Commission de l’Union africaine. Ils souhaitent attirer l’attention de ces institutions sur ce qu’ils considèrent comme des atteintes à l’indépendance du pouvoir législatif, au libre exercice du mandat parlementaire et au respect des principes démocratiques au Sénégal.

« Nous demandons que ces organisations suivent avec la plus grande vigilance l’évolution de la situation institutionnelle de notre pays et usent, dans le cadre de leurs compétences respectives, de tous les mécanismes d’interpellation prévus par leurs textes afin de contribuer à la préservation de la démocratie parlementaire sénégalaise », ont plaidé les députés de l’opposition.

Enfin, les parlementaires précisent que leur initiative n’a pas pour objectif de porter atteinte à l’image du Sénégal, mais plutôt de sensibiliser les partenaires sur des faits qu’ils estiment préoccupants pour la démocratie parlementaire et l’État de droit.

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