lundi, 15 juin 2026 15:44

Sonko face au Conseil constitutionnel : « Je me soumettrai à sa décision »

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Sénégal

Atlanticactu/ Ousmane Sonko/ Conseil constitutionnel/ Serigne Saliou

L’ancien Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a été élu à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 mai 2026 avec une majorité quasi unanime, recueillant 132 voix sur 133 suffrages exprimés. Ce scrutin s’est toutefois déroulé en l’absence des députés de l’opposition, qui ont boycotté la séance en dénonçant une violation de la Constitution ainsi que du règlement intérieur de l’institution parlementaire.

Selon les parlementaires de l’opposition, Ousmane Sonko aurait perdu son mandat de député en demeurant à la tête du gouvernement au-delà du délai de huit jours suivant les élections législatives de novembre 2024. Ils estiment que son siège aurait dû revenir définitivement à son suppléant. Ayant saisi le Conseil constitutionnel pour contester son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, ils rejettent catégoriquement l’argument avancé par la majorité, qui invoque un «mandat suspendu».

Lors d’un entretien accordé ce lundi 16 juin à RFI et France 24, Ousmane Sonko a été interrogé sur son éventuelle réaction en cas de décision défavorable du Conseil constitutionnel. Le président de l’Assemblée nationale a répondu sans détour : «Bien sûr, que ferais-je d’autre, si ce n’est de me soumettre ? Nous attendrons cette décision et je n’ai pas de commentaire à faire sur cette question», a déclaré Sonko, laissant entendre qu’il respecterait toute décision rendue par la haute juridiction.

Toutefois, de manière sous-jacente, il a également suggéré que le Conseil constitutionnel pourrait se déclarer incompétent dans cette affaire. «Je pense que c’est le Conseil constitutionnel lui-même qui, le 27 novembre 2024, a proclamé les résultats définitifs [des législatives, Ndlr]. Et dans cette décision, le Conseil constitutionnel a considéré que M. Ousmane Sonko, tête de liste du Pastef, est député à l’Assemblée nationale. Il n’ignorait pas à ce moment-là que j’étais Premier ministre du Sénégal. Donc, le Conseil constitutionnel a lui-même répondu à cette question définitivement. Et dans sa jurisprudence constante, il a toujours considéré qu’il n’était même pas compétent, parce que ça relève des questions d’organisation de l’Assemblée», a-t-il expliqué.

À ce stade, les spécialistes du droit demeurent partagés sur la validité juridique du retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Quant au Conseil constitutionnel, il devrait rendre sa décision au plus tard le 30 juin 2026.

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