jeudi, 11 juin 2026 15:12

Recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud, les premiers nigérians rapatriés

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Nigéria
Atlanticactu/ Abuja/ Pretoria/ Olivier Dossou
Un premier groupe de ressortissants nigérians a quitté l’Afrique du Sud pour regagner Lagos jeudi matin, dans le cadre d’une opération de rapatriement organisée par Abuja à la suite de la montée des violences xénophobes visant les étrangers dans le pays.
Selon le ministère nigérian des Affaires étrangères, 262 personnes ont embarqué à bord d’un vol spécial de la compagnie Air Peace, affrété et financé par le gouvernement nigérian. Au total, près de 1 000 Nigérians auraient manifesté leur volonté de quitter l’Afrique du Sud face à la dégradation du climat sécuritaire.
Depuis plusieurs mois, les tensions se sont accentuées dans la première économie du continent africain. Des groupes d’autodéfense et des milices locales ont notamment exigé le départ des étrangers en situation irrégulière avant le 30 juin. Plusieurs migrants affirment avoir été victimes d’intimidations, d’agressions physiques et de menaces lors d’opérations menées dans certains quartiers.
Les autorités sud-africaines ont indiqué que les Nigérians rapatriés ne disposaient plus de documents de séjour valides, évoquant des visas ou passeports expirés. Selon la police, ces personnes seront déclarées « indésirables » et ne pourront pas revenir en Afrique du Sud pendant au moins cinq ans.
L’Afrique du Sud accueille plus de trois millions d’étrangers, soit environ 5 % de sa population. Toutefois, un taux de chômage supérieur à 30 % continue d’alimenter les tensions autour de l’immigration et de l’accès à l’emploi.
Face à cette situation, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a reconnu les préoccupations liées à l’immigration clandestine tout en mettant en garde contre toute forme de justice populaire. Il a assuré que les autorités ne toléreraient pas les actes de violence ciblant les communautés étrangères.
De son côté, la ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a dénoncé le harcèlement dont seraient victimes ses compatriotes. Elle a accusé les forces de l’ordre de passivité face aux attaques et regretté l’absence d’une condamnation plus ferme de la part du gouvernement sud-africain. La responsable a également indiqué que des mesures diplomatiques contre Pretoria restaient envisageables.
Le Ghana, le Mozambique et le Malawi ont eux aussi procédé ces dernières semaines au rapatriement de centaines de leurs ressortissants. Les violences xénophobes demeurent un phénomène récurrent en Afrique du Sud, où plusieurs vagues d’attaques meurtrières ont déjà été enregistrées au cours des deux dernières décennies.
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