lundi, 8 juin 2026 14:20

Tensions Iran-Israël : Donald Trump appelle à un arrêt « immédiat » des hostilités

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États-unis 

Atlanticactu/ Etats-Unis/ Iran/ Israël/ Serigne Saliou

Donald Trump a appelé lundi l’Iran et Israël à cesser « immédiatement » les hostilités, après une nouvelle escalade de frappes directes entre les deux pays, une première depuis la trêve instaurée il y a deux mois.

Après cent jours de guerre et l’entrée en vigueur, le 8 avril, d’un cessez-le-feu fragile, des explosions et alertes ont de nouveau été signalées à Téhéran et à Tel-Aviv, sans qu’aucune victime ne soit rapportée pour l’instant.

Depuis dimanche soir, une trentaine de missiles auraient été tirés par l’Iran en direction d’Israël, selon un responsable militaire israélien. Cette riposte ferait suite à une frappe israélienne visant la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah soutenu par Téhéran, qui a fait deux morts et une vingtaine de blessés.

Ces tirs ont été présentés comme un « avertissement » adressé à Téhéran, qui menace de « riposte plus large », la République islamique considérant les deux fronts du conflit comme indissociables.

Face à cette nouvelle flambée de tensions, Donald Trump, qui affiche depuis plusieurs jours ses divergences avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a durci le ton.

« Israël et l’Iran doivent immédiatement arrêter de +tirer+ », a-t-il insisté sur son réseau Truth Social, cherchant une issue à un conflit largement impopulaire aux États-Unis à l’approche des élections de mi-mandat.

  • « Revivre tout ça » –

À Tel-Aviv, Hillary Shaw, 68 ans, a trouvé refuge dans l’abri d’un commerce, n’en disposant pas chez elle, et dit espérer une intervention de Trump auprès de Netanyahu afin que la situation ne s’éternise pas.

« Pas très amusant de se réveiller si tôt le matin et de revivre tout ça, sans savoir combien de temps ça va durer ni ce qui se passe », confie Jonathan Ariel. Il ajoute : « La dernière fois, on pensait que ce serait court et ça a duré un mois », en soupirant.

Le quotidien des Israéliens est de nouveau perturbé, avec des écoles fermées et des transports désorganisés. En Cisjordanie occupée, près de Jéricho, un photographe de l’AFP a observé un missile fiché dans le sol sur une colline désertique, inspecté par deux Israéliens.

À Téhéran, une forte explosion a été entendue dans la matinée par un journaliste de l’AFP, faisant vibrer le bâtiment du ministère des Affaires étrangères où se tenait une conférence de presse. L’agence Mehr a indiqué qu’un drone « appartenant à l’ennemi américano-sioniste » aurait été abattu.

Dans l’ouest de l’Iran, l’espace aérien a été fermé et les vols des deux principaux aéroports de la capitale suspendus.

Dans la ville, la circulation était moins dense qu’à l’accoutumée, certains habitants restant confinés chez eux, tandis que d’autres faisaient des provisions, notamment de carburant.

De nombreux Iraniens disent être épuisés par ce conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines. « L’économie est paralysée, la société souffre de stress post-traumatique, le moral est au plus bas. Personne ne sait ce que demain nous réserve », déplore Farhad, chef cuisinier de 35 ans.

  • Pourparlers « affectés » –

Plus tôt dans la journée, la télévision d’État iranienne avait rapporté plusieurs explosions à Téhéran, Tabriz et Ispahan. Une usine pétrochimique à Mahshahr a été endommagée et évacuée, selon les médias locaux.

En représailles, Téhéran affirme avoir ciblé un complexe pétrochimique en Israël. Les autorités judiciaires ont averti que la diffusion d’images des sites touchés serait poursuivie.

Israël, de son côté, assure avoir détruit des systèmes de défense iraniens. « Aucun pays qui se respecte ne tolèrerait une telle attaque », a déclaré sur X l’ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter.

Si des incidents avaient déjà été signalés autour du détroit d’Ormuz entre l’Iran et les États-Unis ces derniers jours, il s’agit de la première série d’attaques réciproques sur leurs territoires depuis le cessez-le-feu du 8 avril.

Selon Téhéran, cette reprise des combats « affectera » les négociations en cours avec Washington, même si des discussions indirectes via un médiateur pakistanais se poursuivent, ce que Donald Trump a confirmé, regrettant un blocage dû à « l’ignorance ou la stupidité ».

L’Union européenne, par la voix de Kaja Kallas, a averti que le Moyen-Orient « n’a pas besoin d’une escalade », tandis que la Chine s’est dite « profondément préoccupée ».

  • Pétrole en hausse –

Dans ce climat tendu, les rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont revendiqué une attaque contre Israël et annoncé une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, un axe maritime stratégique.

Les marchés pétroliers ont réagi à la hausse, alimentés par les craintes autour du détroit d’Ormuz : vers 09H00 GMT, le Brent progressait de 4,90 % à 97,65 dollars.

Les Bourses mondiales, elles, reculaient, inquiètes d’une situation jugée « fragile et imprévisible » par les analystes.

Cette nouvelle flambée de violences éloigne encore l’hypothèse d’un accord de sortie de crise.

Les points de blocage restent nombreux, notamment le contrôle du détroit d’Ormuz, le programme nucléaire iranien, ses stocks d’uranium hautement enrichi, ainsi que la question des avoirs iraniens gelés à l’étranger.

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