À quelques jours de l’audition des différents candidats au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, le Chili retire son soutien à Bachelet, ouvrant l’espace diplomatique au sénégalais Macky Sall dans la course au poste.
La décision du Chili de retirer son soutien à la candidature de l’ancienne présidente Michelle Bachelet dans la course au prochain Secrétaire général des Nations Unies a introduit une nouvelle incertitude dans un concours qui était largement attendu pour favoriser l’Amérique latine, tout en créant tranquillement un espace diplomatique pour la candidature de l’ancien leader sénégalais Macky Sall.
Le gouvernement chilien a annoncé mardi qu’il ne soutiendrait plus la candidature de Bachelet pour succéder à António Guterres à la fin de son mandat en 2026.
Dans un communiqué, le ministère chilien des Affaires étrangères a déclaré que la candidature était devenue « non viable » et que le pays s’abstiendrait de soutenir tout candidat pendant le processus électoral.
Cette décision reflète le changement de politique sous le nouveau président conservateur du Chili, José Antonio Kast, qui a pris ses fonctions au début du mois et a critiqué à plusieurs reprises l’héritage politique de Bachelet. Kast avait également fait valoir que l’administration précédente dirigée par Gabriel Boric avait commis une erreur en la soutenant pour le poste diplomatique le plus élevé du monde.
L’Amérique latine continue de surfer dans la tradition de rotation
Bien qu’elle ait perdu le soutien de son propre gouvernement, Mme Bachelet a indiqué qu’elle poursuivrait sa campagne, citant le soutien du Brésil et du Mexique. Ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et première femme présidente du Chili, elle reste l’une des figures les plus connues de la course.
Le concours visant à choisir le 10e Secrétaire général des Nations Unies devrait s’intensifier plus tard cette année, lorsque le Conseil de sécurité des Nations Unies commencera à effectuer des « sondages de paille » informels pour évaluer le soutien des membres avant de recommander un candidat à l’Assemblée générale.
La pluralité des candidats de l’Amérique du Sud constitue une fragmentation des chances de faire respecter la rotation à la tête de l’ONU
Cependant, le retrait du soutien du Chili à Bachelet met en évidence la fragmentation croissante des candidats latino-américains. Avec plusieurs candidats en lice pour le même créneau régional, les observateurs diplomatiques affirment que la région risque de diviser son soutien lors des premiers tours du processus de sélection du Conseil de sécurité.
Une telle fragmentation pourrait bénéficier aux candidats extérieurs à la région, en particulier si aucun candidat latino-américain n’apparaît clairement avec un consensus clair.
Cette dynamique a attiré l’attention sur la candidature de Macky Sall, qui a été portée par le Burundi.
Bien que l’Afrique ne soit pas officiellement la prochaine dans la rotation régionale, la campagne de l’homme d’État sénégalais pourrait gagner du terrain si les candidats latino-américains ne parviennent pas à consolider leur soutien ou font face à l’opposition politique des grandes puissances.
Défis auxquels Bachelet est confrontée et qui menacent sa candidature
La candidature de Bachelet est également confrontée à des vents contraires idéologiques au-delà du Chili. Les analystes notent que certains politiciens conservateurs aux États-Unis ont commencé à critiquer son bilan, en particulier pour son soutien au droit à l’avortement pendant son mandat.
Selon Richard Gowan de l’International Crisis Group, les défis de Bachelet découlent moins de la compétence diplomatique que de la polarisation politique.
Malgré cela, elle continue de bénéficier de la reconnaissance internationale acquise sous sa direction d’ONU Femmes et plus tard en tant que Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.
Opportunité pour le candidat Macky Sall
Alors que la convention de rotation régionale donne toujours un avantage à l’Amérique latine, le retrait du soutien du Chili souligne à quel point cet avantage pourrait devenir fragile si les divisions internes s’approfondissaient.
Pour Macky Sall et d’autres candidats non latino-américains, cette évolution renforce un calcul stratégique clé : un champ divisé pourrait éventuellement ouvrir la porte à un candidat de consensus alternatif, en particulier si les cinq membres permanents du Conseil de sécurité qui disposent d’un droit de veto ne parviennent pas à s’unir derrière un candidat latino-américain.
Le processus de sélection devant se dérouler au cours des prochains mois, la course diplomatique pour succéder à Guterres reste largement ouverte.
Le processus de sélection devant se dérouler au cours des prochains mois, la course diplomatique pour succéder à Guterres reste largement ouverte.