mercredi, 4 mars 2026 14:00

Réforme des médias : Alioune Sall promet un régulateur face aux réseaux sociaux

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Sénégal

Atlanticactu/ Alioune Sall/ CNRA/ CNRM/ Serigne Ndong

C’est un moment historique pour le secteur des médias au Sénégal. Ce mardi, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a présenté devant les députés le projet de loi instituant le Conseil national de Régulation des Médias (CNRM). Destiné à remplacer le CNRA, ce futur organisme symbolise une rupture avec un modèle considéré comme dépassé face à l’essor du numérique.

« Le statu quo n’était plus une option »

Dès son introduction, le ministre a dressé un constat sévère sur la loi de 2006. Selon lui, le cadre légal de l’audiovisuel est désormais inadapté à une « mutation profonde, radicale, irréversible ». Alioune Sall a souligné l’impuissance de l’ancien régulateur face à l’explosion des réseaux sociaux.

« Les plateformes en ligne – TikTok, Facebook, X, Instagram, YouTube – sont devenues les premiers médias de millions de Sénégalais », a-t-il rappelé, dénonçant l’apparition de créateurs de contenus opérant « sans filtre, sans règle, sans responsabilité éditoriale claire ». Maintenir l’ancien système revenait, selon lui, à « une forme de démission ».

TikTok, Facebook et l’IA dans le viseur

La principale innovation du CNRM est l’élargissement significatif de ses compétences. La régulation ne se limitera plus à la radio et à la télévision, mais concernera également la presse écrite, la presse en ligne et les géants du web. « La régulation porte désormais sur le contenu, indépendamment du support technologique utilisé », a insisté Alioune Sall.

Face aux risques de désinformation et de deepfakes, le ministre a promis un régulateur doté de « moyens financiers à la hauteur des enjeux » et d’outils technologiques capables de « détecter, analyser et contrer les manipulations de l’information ».

Pour répondre aux inquiétudes sur une possible restriction des libertés, Alioune Sall s’est montré à la fois rassurant et ferme. Si le CNRM bénéficiera d’un pouvoir de sanction « réel » et « dissuasif », il a assuré que ce texte ne constituera en aucun cas un « outil de censure ».

Il a rappelé une vérité centrale de son projet : « La liberté d’expression n’est pas la liberté de nuire. La démocratie, c’est le pluralisme, pas le chaos. » L’objectif est de protéger les citoyens, et notamment les mineurs, contre des algorithmes « conçus pour capter leur attention, et non pour les protéger ».

Une gouvernance sous le sceau de la transparence

La crédibilité du CNRM reposera sur sa nouvelle organisation. Le ministre a précisé que les membres du Collège de régulation seraient désormais choisis à l’issue d’un « appel à candidatures transparent » et devront prêter serment.

Pour conclure, Alioune Sall a invité les députés à opter pour un « choix de société responsable » afin de construire un espace public ordonné. « Le CNRM sera l’instrument de ce choix », a-t-il affirmé, encourageant les parlementaires à enrichir le texte par leurs amendements.

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