Les relations entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants continuent de se détériorer. Alors que le mouvement de grève initié par le collectif G7 s’intensifie, le Secrétaire général national du Syndicat des Enseignants Libres du Sénégal (SELS) monte au créneau pour dénoncer les ponctions opérées sur les salaires des grévistes. Dans un entretien accordé à WalfQuotidien, il a dénoncé cet acte. Selon Amidou DIEDHIOU ces mesures portent la marque d’un archaïsme que les nouvelles autorités auraient dû bannir.
«Qui vivra verra. Ce sont des pratiques du temps colonial. On a entendu le Premier ministre parler de « faire face ». Nous prenons acte. Concernant les ponctions opérées sur les salaires en termes de fourchettes d’assiettes, il faut le prendre entre 50 mille et 280 mille F CFA sans exagération. J’en ai vu 295 580 F CFA comme montant ponctionné sur le salaire d’un responsable syndical», a-t-il lancé.
Face à ce qu’ils perçoivent comme une tentative de répression financière, Amidou DIEDHIOU tient à rappeler le cadre légal de leur action. Il insiste sur la légitimité du G7, ce collectif qui regroupe plusieurs syndicats du secteur.
«Dans le cadre du G7, nous sommes des syndicats organisés, légalement constitués. Ce que nous faisons est dans le cadre des droits syndicaux. Personne, mieux que nous, ne sait que la grève est un droit constitutionnel encadré. Nous exerçons ce droit dans toute sa plénitude et en toute responsabilité», a-t-il soutenu.
Sur le fond, le syndicaliste concède que le principe des retenues pour jours non travaillés peut se discuter, mais il conteste fermement la méthode.
« Sur le principe, nous n’avons pas de problèmes, parce que ce sont des jours non payés. Mais il y a de l’exagération sur la forme, le comment. Il y a, derrière tout cela, une volonté d’intimidation pour déstabiliser notre mouvement de grève », a-t-il analysé.
Le secrétaire général du Sels a également tenu à remettre ce mouvement de contestation dans son contexte pour mieux justifier sa légitimité. Il rappelle que les enseignants ont fait preuve de patience avant d’en arriver à cette situation.
« Après deux années de trêve que nous avons observées du fait de l’arrivée des nouvelles autorités, nous avons entamé une grève depuis le mois d’octobre. Par faute d’interlocuteurs, de propositions concrètes, nous avons déroulé jusqu’à arriver à notre cinquième plan d’actions. C’est à ce moment précis que le gouvernement du Sénégal décide de ponctionner nos salaires », a-t-il souligné.
Pour Amidou DIEDHIOU, le gouvernement aurait pu choisir une autre voie pour désamorcer la crise.
« Ce qui aurait dû être fait, à partir du moment où le secteur est en ébullition, est de chercher à en savoir plus, s’il y a un problème de coordination avec les ministres concernés », a-t-il suggéré.