vendredi, 20 février 2026 12:06

Visas falsifiés et passeports truqués, 5 suspects dont 3 Nigérians arrêtés à Ouakam

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Sénégal

Atlanticactu/ Trafic de migrants/ Serigne Ndong

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a déféré devant le juge du 5ᵉ Cabinet d’instruction du Pool judiciaire cinq individus poursuivis pour association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants, fraude documentaire, usurpation d’identité et complicité.

Les mis en cause sont P. David, 56 ans, enseignant nigérian ; J. K. Akinwoke, 39 ans, homme d’affaires nigérian ; O. Ayodeji, 63 ans, commerçant nigérian ; A. B. Diène, alias « Savant », 44 ans, sans profession, sénégalais ; et I. Mbaye, 43 ans, tailleur sénégalais, selon des sources de Seneweb.

L’opération Lima-Sierra

Le 14 février 2026, la DNLT a lancé l’« Opération Lima-Sierra » visant à démanteler un important réseau de faussaires actif à Dakar. Exploitant un renseignement opérationnel, les enquêteurs se sont rendus à Ouakam où ils ont identifié un appartement utilisé comme atelier clandestin de fabrication de faux documents de voyage.

L’intervention a permis l’arrestation de quatre suspects trouvés avec plusieurs documents douteux, dont des passeports sénégalais et congolais munis de visas falsifiés. Le présumé cerveau du réseau, A. B. Diène, alias « le Savant », a été surpris dans une chambre, devant un ordinateur en marche, en train de modifier la photographie d’une femme pour la confection frauduleuse d’un sticker de visa.

Une perquisition effectuée en présence des suspects a conduit à la saisie d’un important matériel révélant l’ampleur du réseau. Les policiers ont découvert des passeports de nationalités sénégalaise, malienne, congolaise, ivoirienne, malgache et française, ainsi que des stickers de visas pour le Canada, les États-Unis et l’espace Schengen, certains finalisés et d’autres en cours de modification.

Ont également été saisis des ordinateurs contenant des maquettes de visas, des cachets d’entrée et de sortie imitant ceux de plusieurs aéroports africains et européens, des logiciels de retouche de documents officiels, des stickers vierges, du papier fiduciaire, des talons vierges de cartes nationales d’identité, deux imprimantes multifonctions, une plastifieuse, du matériel de reliure de passeports, un cachet sec portant la mention « République de Guinée-Bissau », un appareil « Docu-Box » destiné à vérifier l’authenticité des documents, ainsi que des clés USB et divers équipements de bureau.

Les aveux des mis en cause

Interrogé sur un passeport congolais muni d’un faux visa Schengen retrouvé en sa possession, P. David, enseignant nigérian de 56 ans, a expliqué avoir reçu ce document d’un certain « Bilal », de nationalité congolaise, afin d’y apposer de faux cachets d’aéroport contre 10 000 francs CFA. Il a indiqué avoir sollicité A. B. Diène par l’intermédiaire de O. Ayodeji et a reconnu appartenir au réseau, traitant en moyenne trois dossiers de falsification par mois.

De son côté, O. Ayodeji, commerçant nigérian de 63 ans, a d’abord nié toute implication avant de reconnaître les faits face aux preuves matérielles et aux incohérences relevées lors de son audition. Il a admis assurer l’approvisionnement en stickers vierges depuis des contacts basés en Guinée-Bissau. Il faisait appel au « Savant » pour 50 000 francs CFA par faux document, revendu ensuite entre 60 000 et 70 000 francs CFA, générant ainsi des bénéfices importants.

Les enquêteurs ont également établi la grille tarifaire du réseau : une carte nationale d’identité sénégalaise vierge coûtait 45 000 francs CFA ; le lavage de visa et la couture d’un passeport, 30 000 francs CFA ; la fabrication d’un passeport diplomatique congolais, 50 000 francs CFA ; et le remplissage de stickers de visa pour la France, le Portugal, l’Espagne, le Canada, les États-Unis et le Nigeria était facturé 25 000 francs CFA l’unité, selon des sources de Seneweb.

Un cinquième suspect interpellé

La poursuite de l’enquête a permis l’arrestation d’un cinquième suspect, I. Mbaye, 43 ans, tailleur sénégalais domicilié à Guédiawaye. Les investigations se poursuivent afin d’identifier et interpeller les autres membres du réseau actuellement en fuite.

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