mercredi, 28 janvier 2026 15:57

Macky Sall ne peut être poursuivi : Sidiki Kaba explique le verrou juridique

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Atlanticactu/ Sidiki Kaba/ Macky Sall/ Serigne Ndong

L’ancien Premier ministre et Garde des Sceaux, Sidiki Kaba, revient sur le devant de la scène médiatique à l’occasion de la sortie de son ouvrage « 101 discours d’espoir ». Lors de la présentation de cette compilation de ses interventions majeures, l’homme d’État, qui a occupé des fonctions dans les gouvernements successifs de Macky Sall pendant onze ans, a abordé sans détour les sujets sensibles liés à la reddition des comptes et au sort judiciaire de l’ancien Chef de l’État.

Dans un contexte de demande accrue de transparence, le juriste de formation a tenu à recentrer le débat sur la gestion des deniers publics. Pour l’ancien ministre de la Justice, la reddition des comptes ne doit pas être instrumentalisée politiquement, mais envisagée comme un outil de gouvernance de l’État. Il insiste sur le respect strict de la présomption d’innocence, rappelant qu’un citoyen reste innocent tant qu’une condamnation définitive n’a pas été prononcée par les juridictions d’appel et de cassation.

Au-delà des principes, Sidiki Kaba a proposé une analyse technique du dossier de Karim Wade, éclairant juridiquement les victoires obtenues par ce dernier devant les tribunaux étrangers. Selon nos sources, reprises par Le Quotidien, l’ancien ministre précise que ces succès résultent de l’absence de reconnaissance du délit d’enrichissement illicite dans les législations pénales des pays concernés. Il ajoute que si le Sénégal avait retenu la qualification de corruption, l’issue des procédures internationales aurait pu être différente.

L’élément central de cette intervention concerne toutefois l’avenir judiciaire de l’ancien Président de la République. Sur ce point, Sidiki Kaba se montre formel, répétant que « Macky Sall ne sera jamais poursuivi ». Cette affirmation repose non sur une position partisane, mais sur une lecture rigoureuse des textes en vigueur.

L’ancien Garde des Sceaux appuie cette conclusion sur un obstacle juridique majeur : l’absence de définition précise du crime de haute trahison dans la législation sénégalaise. Il explique que même si une telle définition était adoptée aujourd’hui, le principe de non-rétroactivité de la loi pénale empêcherait toute application aux faits passés. Combinée à l’immunité présidentielle, cette lacune législative constitue, selon lui, un verrou infranchissable pour toute action judiciaire contre l’ancien Chef de l’État.

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