lundi, 26 janvier 2026 17:51

ARP : un rapport secret alerte sur la « guerre des rentes » à 150 milliards par des lobbies

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Sénégal
Atlanticactu / Dakar / Hamet
C’est un document qui brûle les doigts, une note stratégique que nous avons pu consulter et qui dissèque les entrailles du marché pharmaceutique sénégalais. Son constat est sans appel. Alors que l’Autorité de Régulation Pharmaceutique (ARP) multiplie les réformes pour instaurer une véritable souveraineté sanitaire, elle se heurte à
des réseaux d’influence puissants dont les rentes, estimées à plus de 150 milliards de FCFA, sont directement menacées.
Avec un marché annuel estimé à 300 milliards de FCFA, le Sénégal vit sous perfusion. 95 % des médicaments sont importés. Cette dépendance, au-delà de l’enjeu de santé publique, est devenue une rente pour une poignée d’importateurs. D’après le document, l’ARP a lancé une offensive pour relocaliser la production en réorientant les circuits logistiques, privilégiant le direct Asie-Afrique au détriment de l’étape européenne.
L’ARP promet une baisse de 40 % du prix du médicament
Un gain macroéconomique de 120 milliards de FCFA par an qui, s’il soulage le consommateur, vide les caisses de ceux qui profitaient des marges logistiques opaques. Selon la note stratégique, le risque politique est jugé « très élevé ». Le document prévient l’Exécutif sur « une machine de guerre qui est en marche pour délégitimer l’ARP, le financement de campagnes d’influence, l’instrumentalisation du spectre de la « pénurie » ou encore des recours juridiques dilatoires pour paralyser l’institution ».
« Plus les réformes produisent des effets tangibles, plus elles cristallisent des oppositions structurées », souligne le rapport. Il ne s’agit plus de simples ajustements réglementaires, mais d’une redistribution brutale des cartes. Les saisies de produits illicites (plus de 5 milliards de FCFA) et l’assainissement du marché « hors visa » ont fini de convaincre les acteurs de l’ombre que le temps de l’impunité était révolu. Face à ces « résistances systémiques », l’État est à la croisée des chemins. La note est formelle : reculer aujourd’hui serait un aveu de faiblesse qui restaurerait immédiatement les circuits opaques et briserait l’élan des industriels locaux.
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