Révélations de la BBC : Opération de « Lavage à grande eau » et impasse sur plus de 6000 milliards

Depuis l’accession du Président Macky Sall au pouvoir, la gestion de la question des ressources naturelles a toujours soulevé des interrogations. Les récentes révélations de la chaîne britannique ne sont que la suite logique des choses. Après le scandale Arcellor Mital où le Sénégal a fait l’impasse sur 2500 milliards au profit de miettes, les contrats liés au TER, à la société FANROCHE et tant d’autres étaient annonciateurs du déballage qui secoue l’Etat au point que tout le gouvernement veuille faire d’une affaire privée,une véritable « affaire d’état «  Et si François Xavier Verschave avait raison,lui qui il y’a vingt ans, alertait à travers son best-seller « Noir Silence ».

Pour rappel, l’Inspection Générale d’Etat dans son rapport d’enquête 94/2012 d’octobre 2012 avait déjà indiqué que Pétro Tim ne remplissait pas les conditions pour obtenir un permis de recherche et d’exploration des hydrocarbures au Sénégal. Elle suggérait également à l’autorité que les permis octroyés à Pétro-Tim soient retirés « en raison des irrégularités qui entachent la validité de la convention signée avec Pétro Tim qui en est le substrat ».

L’enquête de l’Ige avait été lancée à la suite d’une plainte de la compagnie Tullow Oil Sénégal qui avait écrit aux autorités à l’époque pour se plaindre du traitement qui lui a été réservé par Petrosen. Le 2 mai 2012, la directrice Sénégal de Tullow Oil, Awa Ndongo, avait saisi le ministre chargé de l’Energie à l’époque pour déclarer irrégulière la convention de recherche et de partage d’hydrocarbures liant l’État à Pétro Tim.

Une autre institution de contrôle L’OFNAC, avait rendu public quatre ans plus tard son rapport 2016. L’affaire PETROTIM, qui impliquerait Aliou Sall, le frère du président de la République, a été élucidé par les services de Seynabou Ndiaye Diakhaté.

Retour sur cette autre phase des déballages de là BBC.« Par correspondance en date du 26 décembre 2014, l’OFNAC a été saisi d’une lettre de dénonciation relative à des faits supposés de fraude et de corruption concernant le transport et la vente d’actions entre des sociétés étrangères évoluant dans les domaines des hydrocarbures ».

Poursuivant, ledit rapport avait relevé des irrégularités établies comme suit : « Le non respect des procédures d’attribution des licences d’exploration et de partage des blocs pétroliers ainsi que le non paiement des droits et taxes résultants de la vente d’action entre la société pétrolière détentrice d’une licence d’exploration, et deux autres sociétés pétrolières étrangères; ».

Malgré la gravité des faits supposés et le dépôt d’une deuxième lettre de dénonciation portant sur les mêmes faits, le 15 février 2016, l’OFNAC peine à boucler cette affaire qui, selon certains observateurs, est à l’origine du départ de Nafi Ngom Keïta

La société Tullow Oil s’indigne du bonus d’un milliard réclamé par le directeur général de Petrosen

Face aux incohérences notées dans le dossier à l’avènement du Président Sall au pouvoir, Awa Ndongo,la directrice de Tullow Sénégal déclarait dans sa correspondance, à la base de l’enquête de l’Ige, que « les blocs attribués à Pétro Tim faisaient l’objet de négociations entre Petrosen et sa société, que les négociations étaient tellement avancées que les dirigeants de Tullow oil Plc, la société-mère de Tullow oil Sénégal, ont effectué des déplacements à Dakar ».

La directrice ajoutait que le Dg de Pétrosen lui avait demandé le paiement d’un million 500 mille dollars américains à titre de paiement de bonus de signature par bloc sollicité. Mais à sa surprise, ajoute le rapport, « elle a constaté que les blocs concernés ont été attribués à Pétro Tim Limited, avant même que la demande de paiement de bonus de signature n’eût été formulée, ce que n’ignorait pas le directeur de Petrosen ».

Le journaliste Baba Aïdara,pièce maîtresse du puzzle sur cette affaire de corruption, est le témoin privilégié de cette rocambolesque affaire de corruption

Le non respect des procédures d’attribution des licences d’exploration et de partage des blocs pétroliers ainsi que le non paiement des droits et taxes résultants de la vente d’action entre la société pétrolière détentrice d’une licence d’exploration, et deux autres sociétés pétrolières étrangères, sont les griefs soulignés par la lettre de dénonciation adressée à l’OFNAC.

Malgré la gravité des faits supposés et le dépôt d’une deuxième lettre de dénonciation portant sur les mêmes faits, le 15 février 2016, l’OFNAC peine à boucler cette affaire qui, selon certains observateurs, est à l’origine du départ de Nafi Ngom Keita.

Au vu des découvertes et des révélations faites par Baba Aïdara, journaliste établi aux États-Unis, Nafi Ngom Keïta, Présidente de l’OFNAC met les bouchées doubles pour organiser l’audition de MR Aïdara. Plusieurs rendez-vous ont été pris, pour finalement désigner une équipe d’enquêteurs qui devaient se rendre aux Etats-Unis . Les raisons de ce déplacement seraient liées à des menaces avérées sur la personne de Baba Aïdara d’où la décision de madame Nafi Ngom de ne pas faire venir le journaliste au Sénégal.

Une affaire oubliée dans les tiroirs de l’OFNAC depuis le départ de Nafi Ngom. « L’audition de Baba Aïdara nous aurait beaucoup aidé à avancer dans nos investigations qui avaient décelé déjà plusieurs anomalies ou bizarreries dans cette affaire où Franck Timis n’avait vraiment sa place », nous confie l’un des officiers à qui l’ex présidente de l’OFNAC avait confié cette enquête.

Dans son opération de lavage à grande eau, le gouvernement confond et confirme la responsabilité de Macky Sall

Me Malick Sall, ci-devant ministre de la Justice, enfonce le premier clou dans le cercueil. En tentant de prouver sa gratitude, le ministre qui avait promis une rupture dans sa démarche, démontre son parti pris dans une affaire qui n’aurait jamais cessé d’être une affaire privée. Sa sortie a démontré une certaine frilosité du gouvernement sur les questions de bonne gouvernance.

Mercredi, alors que tous les sénégalais sacrifiaient à la tradition en fêtant l’Aïd El Fitr, le Président Macky Sall, par ailleurs frère de Alioune Sall incriminé dans l’enquête de la BBC, fait une adresse teintée de menaces voilées et de sous-entendus sans apprendre grand chose aux sénégalais qui voulaient savoir s’il y’a eu des malversations ou pas.

La der viendra de madame Ndèye Tickè Ndiaye, ministre et Porte-parole du gouvernement. En convoquant une « conférence de presse «  un jour de Korité, le gouvernement prouvait encore que l’enquête de la BBC avait fait des ravages.

En faisant un rappel chronologique de la procédure d’attribution concernant le bloc Saint-Louis offshore profond et celui de Cayar offshore profond, la ministre Ndèye Tickè Ndiaye confirme que c’est bien le Président Macky Sall qui a signé les deux décrets en faveur de Franck Timis.

Elle déclare : Le 08 Décembre 2011, signature d’un Memorandum of Understanding (MOU) entre PETROSEN et PETRO-TIM Ltd, approuvé par le Ministre de l’Energie. 17 Janvier 2012, signature de deux CRPP (contrat de Recherche et de Partage de Production) portant respectivement sur les blocs Saint-Louis Offshore Profond et Cayar Offshore Profond, entre l’Etat du Sénégal d’une part, et, d’autre part, l’associationPETRO-TIM Ltd et PETROSEN », a déclaré Madame le ministre.

Poursuivant sa déclaration, elle précise que : « le 2 avril 2012, le Président Macky Sall « trouve dans les dossiers en instance deux Décrets signés par son prédécesseur, non numérotés et non datés, Portant Approbation des Contrats de Recherche et de Partage de Production d’Hydrocarbure conclus entre l’Etat du Sénégal d’une part, et d’autre part, PETROSEN et la société PETRO-TIM, pour les blocs Saint-Louis Offshore Profond et Cayar Offshore Profond ».

Elle ajoute : « Juin 2012, après deux mois de vérification et de contrôle de la conformité des procédures et des actes, les deux Décrets susmentionnés ont été signés par le Président Macky Sall : Décret n° 2012-596du 19 Juin 2012 Portant Approbation du Contrat de Recherche et de Partage de Production d’Hydrocarbure conclu entre l’Etat du Sénégal d’une part, et, d’autre part, PETRO-TIM Ltd-PETROSEN, pour le Permis de CAYAR OFFSHORE PROFOND, et le Décret n°2012•597 du 19 Juin 2012 Portant Approbation du Contrat de recherche et de Partage de Production d’Hydrocarbure conclu entre l’Etat du Sénégal d’une part, et, d’autre part, PETRO-TIM-PETROSEN, pour le Permis de Saint-Louis Offshore Profond ».

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