« Mais qu’avons nous fait pour mériter un tel châtiment ? », tel est le cri du cœur d’un journaliste

Quand la police sénégalaise humilie ses citoyens. Titre ne saurait être plus judicieux pour expliquer ce cri de désespoir d’un homme qui a toujours milité pour l’État de droit. Attendue sur les ripostes adéquates aux soucis insécuritaires auxquels font face les citoyens, l’on constate davantage de dérives de notre chère Police Nationale. Si dans le traitement de choc contre certains manifestants, la violence « peut avoir » un sens pour le pouvoir, qu’en est-il de la violence gratuite sur un couple de jeunes mariés ?

Les larmes aux yeux, j’écris ces quelques lignes. Cet après midi, en quittant chez moi, vers les coups de 17 heures, avec mon épouse, j’étais loin de me douter que j’allais vivre la pire humiliation de ma vie. J’ai assisté, impuissant, des agents de notre police nationale, en civil, menotter mon épouse. Ce, après s’être bien occupé de moi.

C’en était trop! J’ai alors pété les plombs. M’exclamant en ces terme: « Mais vous êtes fou ou quoi! Qu’est ce qu’on a fait! ». Je ne me rendais pas compte que ces mots allaient encore causer plus de maux à l’amour de ma vie. Le chef de cette équipe de 5 personnes environ demande alors à ses éléments de serrer encore plus les menottes à ma pauvre chérie. J’ai alors réalisé combien notre liberté est précaire, dans ce pays dit de grande démocratie.

Mais qu’avons nous fait pour mériter un tel châtiment.?

À l’entrée du village de Sendou, avec mon épouse, dans l’espoir de passer un week-end détente, après une semaine bien chargée, lesdits policiers en civil ont arrêté notre véhicule. Après avoir interrogé le chauffeur, ils nous ont demandé nos pièces à moi et à mon épouse. Sans même décliner leur identité.

Sans arrière pensée, nous leur avons donné nos pièces. L’agent s’est retiré avant de revenir nous demander de le suivre. Nous avons encore obtempéré. A 15 mètres de la voiture, l’un d’eux me demande de le suivre, seul. J’ai alors demandé pourquoi? Le chef me demande de le suivre et de se taire. J’ai campé sur ma position. Demandant pourquoi dois je le suivre? Et où dois je le suivre?

Le chef lui dit: laisse le ici. On va les embarquer. Je réponds: mais puis je savoir pourquoi vous aller nous embarquer? Quelle infraction avons nous commise? Pas de réponse. Je prends alors mon téléphone pour informer mes proches. On me somme de ne pas appeler au téléphone, sur un ton très amical. Je fais mine de ne rien entendre, continuant quand même d’appeler. Sur une prise très brutale, l’agent récupère l’appareil et me passe les menottes, soit disant pour outrage, sur instruction du chef.

Pendant, tout ce temps, mon épouse me demande de suivre leurs instructions, pour ne pas avoir plus d’ennuis. Mais comme « ayy dou yam ci bopp borom », convaincus que je les ai outragés, ils ont décidé de m’humilier davantage en passant les menottes a ma moitié. Non sans l’accompagner d’insultes. Leur objectif fut ainsi atteint. J’ai flanché. Heureusement j’ai pu me ressaisir grâce à la bravoure dont a su faire montre celle que j’ai choisie pour le meilleur comme pour le pire. C’est d’ailleurs grâce à ses conciliabules que j’ai pu bénéficier de la CLÉMENCE.

Questionnement autour des interpellations de la police

Peut être quelque part, après avoir laissé les vrais criminels vaquer tranquillement à leurs occupations, on a besoin de donner des gages à la population dont l’inquiétude ne cesse d’enfler, en gonflant les chiffres des personnes arrêtées sur l’étendue du territoire. Peut etre sans le vouloir, les autorités ont déclenché une concurrence entre les différents commissariats au détriment des citoyens.
Loin de nous l’idée de jeter l’opprobre sur les agents dont le professionnalisme de certains ne peut souffrir l’ombre d’un dout. Nous voulons simplement les prier à nous rendre un tantinet de ce respect immense que nous leur accordons. Avec la plus grande déférence. Ce, surtout dans un contexte où les plus hautes autorités administratives et policières ne cessent de demander aux citoyens de collaborer avec les forces de défense et de sécurité. Pour que cela soit possible, il faut un minimum de respect les uns envers les autres. Ce n’est pas par la terreur qu on réussira à atteindre cette demande sociale qu’est la sécurité.

Mes hommages aux policiers très professionnels, partenaires de tous les jours, grace a qui j’ai osé quitter chez moi pour aller passer la nuit a la belle plage de Sendou, dans mon beau département de Rufisque.

Mor Amar

Journaliste

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