Édito : Jeunesse sacrifiée, qui est responsable ?

Entre les mauvaises politiques d’emploi, la priorisation des investissements et le Coronavirus qui sévit gravement, la jeunesse a perdu tout espoir de voir le rêve du fameux Plan Sénégal Émergent devenir réalité. Très résiliante, cette jeunesse qui a accepté tous les sacrifices pour stopper la pandémie, risque de payer un autre tribut, celui-là plus cher et dur.

Cette jeunesse « à qui Macky Sall a tant demandé durant la période de la pandémie  », elle qui « porte la dette économique et qui fléchit sur les orientations budgétaire de notre pays », risque d’être laissée au bord du « nouveau Sénégal » que le Président Sall entend tracer pour le reste de son quinquennat : le Chef de l’état n’a de cesse de lui promettre , des efforts pour l’éducation et l’emploi. Juste retour des choses, tant le bilan de la crise sanitaire est, en effet, déjà lourd pour les enfants, les étudiants et les jeunes actifs.

Des millions d’entre eux ont été privés d’un trimestre de cours. Ceux qui  ont eu le privilège de disposer de cours en ligne, ont, certes, limité les dégâts. Mais, combien sont-ils finalement ?. Encore fallait-il qu’ils soient équipés et à l’aise avec le numérique. L’épisode a accentué le pire défaut de notre système éducatif : la reproduction des inégalités sociales.

Et malgré ce sacrifice, Mamadou Talla, ci-devant ministre de l’Éducation Nationale é continue contre vents et marées de vouloir jeter les potaches entre les griffes de Coronavirus. L’homme devrait toujours se croire dans sa ville de Mantes la Jolie où malgré les conditions réunies contrairement au Sénégal, la reprise tarde à être effective. Tout simplement parce que le danger d’exposition des enfants est encore prégnant.
Le chômage du secteur de l’informel , principal pourvoyeur d’emploi de cette jeunesse à qui 500.000 emplois étaient promis entre 2012 et 2019, est frappé de plein fouet ajoutant le nombre des nouveaux demandeurs (retraités avant leur premier emploi). Il ne fera pas bon débarquer sur le marché du travail dans les prochains mois. Sans soutien de sa famille, ce sera la double peine (pas de boulot quand on n’a pas encore travaillé) et même la triple peine (retard de rémunération qui persistera longtemps).

Et voici que les retraités voient leur maigre pécule calculé sur le niveau de vie des pensionnés, déjà inférieur de 25% à celui des travailleurs actifs et, le dépassera de 10% avec la crise : le revenu moyen des premiers reste stable, tandis que celui des seconds baisse à cause du chômage. Et là encore, double effet : le déficit du système de retraites s’envolera autour de plusieurs milliards cette année, trois à six fois plus que prévu !

Le mistigri de la dette, plus que jamais, continuera d’être refilé de génération en génération… Jusqu’à celle qui dira stop ? Il faudra tenir compte de ce risque quand se concrétiseront les difficultés de la prochaine reprise, comme celle de la dépendance. Présentées comme consensuelles, elles ne peuvent se résumer à empilement de dépenses  à credit, alourdissant le fardeau des suivants. Ce serait les bâtir sur du sable.

Déjà Moody’s annonce la couleur en infligeant à Dakar une note discourtoise !

Pape Sané 

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