AFFAIRE DES 400 MILLIONS DE L’UNIVERSITE DE ZIGUINCHOR El Hadji Dia, un « Golden Boy » au-dessus de la loi, qui le protège ?

C’est au mois d décembre 2017, qu’un cas de détournement a été révélé, rendant tristement célèbre l’université Assane Seck de Ziguinchor. Les pensionnaires de ce temple du savoir ont pointé d’un doigt accusateur l’agent comptable, El Hadji Dia. Cette malversation a été à l’origine des difficultés d’ordres pédagogiques et sociales au moment où l’université en avait le plus besoin. Près de deux ans après, les poursuites déclenchées contre le « Golden Boy » sont tombées dans l’oubli. El Hadji Dia serait-il l’un de ces protégés de la République ?

Le pot aux roses de cette affaire a été découvert à la suite des difficultés vécues par les étudiants qui ne parvenaient plus à manger car le seul restaurant qui existe est fermé à cause d’arriérés de paiement et un manque de moyens financiers. Cette situation a entrainé une série de grève à Ziguinchor au point que les responsables du Syndicat autonome des travailleurs des universités et de centres universitaires (SATUC), section Université Assane Seck de Ziguinchor, ont réclamé une mission de contrôle de l’Inspection générale d’Etat (IGE), de la Cour des comptes et même de l’Office national de lutte contre la fraude et la concussion (OFNAC) sur la gestion du Centre régional des œuvres universitaires et sociales (CROUS). Car, le pire était à craindre.

Au vu de l’importance des faits à lui reprochés, plusieurs services ont eu à se pencher sur ce cas de détournement dont apparemment personne ne veut plus évoquer. Des plaintes déposées au niveau du Parquet du Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor, au niveau de l’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) sans compter l’audit interne lancé par la direction de l’Université Assane Seck de Ziguinchor, continuent de dormir dans les tiroirs.

Pressions, menaces, affectations, ont rythmé tout le processus de cette affaire qi n’honore point la République tellement, le flou qui entoure la nomination de El Hadji Dia et de son cursus scolaire et professionnel. Les procès verbaux de confrontation qui l’accablent dorment les tiroirs. El Hadji Dia et ses complices narguent les étudiants qui peinent à manger normalement.

Qui ne veut pas que la lumière soit faite autour de cette affaire ? Pourquoi le parquet de Ziguinchor n’a pas à ce jour envoyé Mr Dia et ses complices devant le tribunal ? Alors qu’au niveau de l’OFNAC, le mot d’ordre est « d’aller voir chez le Procureur de la République à qui ce dossier a été remis » avec les conclusions y afférentes, qu’attend encore le Procureur pour éclairer la lanterne des citoyens ?

Cette affaire risque de ne jamais voir le jour si l’on se fie aux confidences faites par un des responsables de l’université qui nous confirme que personne ne voulait d’une plainte et, c’est la mort dans l’âme que cela a été fait car, les pressions venaient de partout pour étouffer dans l’œuf cette affaire.

Quelques cinq cent millions disparus au niveau d’une université et personne ne s’en émeut surtout avec les dures conditions des étudiants

L’affaire continue d’intéresser les étudiants et les travailleurs de l’université Assane Seck de Ziguinchor qui s’interrogent sur la destination de ces enquêtes qui avaient suivi le tollé suscité par cette affaire de détournement. Si les autorités de l’université de la région méridionale sont restées bouche cousue sur cette affaire, l’ancien Ministre de l’Enseignement Supérieur, Mary Tew Niane, était monté au créneau pour exiger que la lumière soit faite. Car, disait-il, « Je ne saurais me taire face à un tel crime alors que les étudiants peinent à manger ou étudier convenablement ».

Cette sortie du ministre avait sonné comme un glas pour El Hadji Dia qui a été catapulté comptable de l’institution. Les responsables du SATUc, le syndicat-maison, sont montés en première ligne pour exiger l’ouverture d’une enquête de l’OFNAC.

Auparavant, le brigade de recherches de la gendarmerie nationale de Néma, avait convoqué le comptable accusé d’avoir détourné ladite somme à plusieurs reprises dans ses locaux avant d’être freiné dans son élan.

« Oui j’ai été entendu à la brigade de recherches. Oui, j’ai subi un audit interne. Par contre, pour l’OFNAC, je ne saurais en parler. En plus s’il y avait du vrai dans ces accusations, pourquoi je suis toujours libre », dixit El Hadji Dia

Dans le souci d’éclairer la lanterne des lecteurs, Source A a joint l’intéressé, El Hadji Dia, agent comptable de l’université Assane Seck à l’époque des faits. Pour ce dernier, ces ragots sont l’œuvre de personnes mal intentionnées qui essaient de ternir son image et que s’il était vraiment l’auteur d’une telle forfaiture, pourquoi continue-t-il de respirer l’air de la liberté.

Une question qui a son pesant d’or sauf si l’homme qui est accusé par les étudiants et les travailleurs, ignore que certains dossiers subissent la « loi du coude ».

Pour sa défense, Mr Dia apportera les précisions suivantes : « Effectivement, j’ai été entendu à la brigade de recherches de Ziguinchor sur la base de dénonciations anonymes et auparavant, un audit interne n’avait décelé aucune malversation. Par contre, pour l’OFNAC, je ne saurais en faire cas ». Pour son audition au niveau de la gendarmerie, une source proche du dossier nous donne que Mr el Hadji Dia a été entendu sur la base d’un « Sois-Transmis » du procureur de la République et qu’un « Sois-Fait retour » a été renvoyé au maitre des poursuites.

Invitée sur le plateau de l’émission « Quartier Général », la Mairesse de Bambey, Aida Mbodji avait vertement accusé El Hadji Dia d’avoir détourné près d’un demi-milliard de francs au niveau de l’université Assane Seck

Alors que les sénégalais avaient presqu’oublié cette affaire, la lionne du Baol, Aida Mbodji, avait profité du plateau d’une émission pour ruer dans les brancards. Selon elle, le «Golden boy » ou du moins, celui qui prétend en être un, serait l’auteur d’un détournement de deniers publics qui lui permet de vivre sur un piédestal. Plus grave, Aida Mbodji indique que l’homme n’oserait jamais démentir

Finalement, l’homme qui clame partout sa proximité d’avec certaines personnalités religieuse ou politique, ne risque point d’être inquiété comme beaucoup de proches de la mouvance présidentielle qui bénéficient d’un parapluie qui les met à l’écart des affres de la justice.

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